Rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale : quoi surveiller cet automne ?

14 September 2021

Les député.es du Québec sont de retour à l’Assemblée nationale aujourd’hui pour la session parlementaire de l’automne 2021, qui sonne le début d’une année préélectorale pour chacun d’entre eux.

En effet, à un an des élections provinciales, c’est l’ultime occasion pour le gouvernement Legault de maintenir ses appuis dans la population (50 % selon le dernier sondage Léger). C’est également la dernière étape afin d’ajouter sur son bulletin la réalisation de certaines promesses faites aux Québécois.es.

Cette session sera également le dernier sprint pour les partis d’opposition afin de s’imposer comme une alternative crédible en prévision du vote prévu en octobre 2022.

COVID-19 : L’espoir de parler « d’autre chose »

Au cours des dernières semaines, nous avons pu entendre le premier ministre s’exprimer sur sa volonté de parler moins de la pandémie de la COVID-19 afin de pouvoir parler plus d’autres sujets qui lui tiennent à cœur, tels que le développement économique, mais aussi la « défense de la nation », comme nous avons pu en avoir un exemple très récent.

Cependant, il sera évidemment impossible d’écarter totalement le sujet la pandémie des échanges qui se tiendront à l’Assemblée nationale jusqu’au mois de décembre prochain. En effet, le Québec est en pleine quatrième vague et nous sommes tous sur le qui-vive en nous demandant à quoi ressemblerons nos prochains mois. Le gouvernement n’échappe pas à cette incertitude.

Ainsi, même si le premier ministre souhaite remettre au centre de son discours ses priorités, relever ce défi pourrait être d’une grande complexité.

En plus de la COVID qui continue de s’imposer dans son agenda, la seconde épidémie, celle de la pénurie de main-d’œuvre, deviendra tout aussi incontournable que la première. À cet égard, le retour de Pierre Fitzgibbon au conseil des ministres tombe à point pour François Legault et les nombreux défis qui attendent la province dans son incontournable relance économique.

De leur côté, les partis d’opposition souhaiteront également se positionner avantageusement au cours de cette dernière année avant l’élection. Actuellement, elles se font discrètes, pour ne pas dire invisibles. Il faut dire que le mode de gestion actuel du gouvernement, qui laisse très peu de place aux débats à l’Assemblée nationale, ne leur donne pas l’opportunité de s’imposer dans l’espace public.

Les dossiers sociaux, l’angle mort du gouvernement

François Legault avait livré en octobre 2018 un discours inaugural axé sur les familles et avait placé l’éducation comme « première grande priorité » de son gouvernement. Trois ans plus tard, après de nombreux dossiers difficiles, auxquels se sont ajoutées les problématiques liées à la gestion de la pandémie dans les écoles, il semble que l’éducation pourrait donner des maux de tête au premier ministre. Soulignons d’ailleurs que les critiques en matière d’éducation au Parti libéral du Québec (Marwah Rizqy), chez Québec solidaire (Christine Labrie) et au Parti québécois (Véronique Hivon) maitrisent bien leur dossier, sont solides, bien informées et n’hésitent pas à faire front commun lorsque la situation l’impose. Il faudra maintenant voir si elles sauront s’imposer dans les prochaines semaines pour forcer le gouvernement à s’engager sur certains éléments.

Plus largement, le premier ministre devrait garder un œil dans son rétroviseur pour une grande majorité des dossiers sociaux, qui se rapprochent rapidement dans son angle mort.

En effet, l’indisponibilité de places en garderies, un enjeu majeur pour les jeunes familles, les suites attendues au Rapport de la Commission Laurent, les inquiétudes relatives à la santé mentale, notamment chez les adolescents, et les très attendus rapports sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD, sont autant d’enjeux ayant le potentiel de rattraper le gouvernement au tournant.

De nouveaux interlocuteurs à tous les niveaux

L’automne pourrait aussi marquer de nombreux changements dans les principaux interlocuteurs de Québec, et ce, à tous les paliers de gouvernement.

D’abord, peu importe l’issue de l’élection fédérale, le gouvernement Legault devra composer à court terme avec de nouveaux interlocuteurs à Ottawa. S’il est actuellement incertain que le gouvernement Trudeau soit de retour après les élections du 20 septembre prochain, son élection entrainerait un inévitable rebrassage de cartes à l’interne avec la formation d’un nouveau conseil des ministres. Ajoutons qu’avec la surprenante sortie de François Legault la semaine dernière sur les « dangers » que représentent le Parti libéral du Canada, il a fort à parier que les relations Québec-Ottawa seront pour le moins tendues dans ce cas de figure.

Par ailleurs, advenant la défaite, un changement de garde au Canada signifierait de nouvelles relations à bâtir pour les membres du cabinet Legault.

Les cartes seront aussi rebrassées dans le milieu municipal. Le 7 novembre prochain, la mairie des cinq plus grandes villes du Québec que sont Montréal, Québec, Laval, Gatineau et Longueuil seront au ballotage. À la mairie de Montréal, Valérie Plante affronte à nouveau Denis Coderre, alors que dans les quatre autres villes, les mairesses et maires actuel.les ont choisi de ne pas renouveler leur mandat.

Au-delà de ces villes, ce sont de nombreux changements de garde qui sont à prévoir dans toutes les régions et qui pourraient avoir une incidence sur les priorités à mettre en place lors de cette dernière année de mandat.

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